Quelques notions pour ne plus avoir peur des dièses et des bémols !

sticker_bemol_200x160D’où naît la peur ? De l’inconnu. Et si on se familiarisait avec les dièses et les bémols pour ne plus en être effrayé ? Lisez bien jusqu’au bout cet article, quelques curiosités vous y attendent…

Dièse du latin diesis (« quart de ton »), et ensuite « demi-ton » en bas-latin ; du grec ancien δίεσις, diesis.

Bémol vient du latin b mollis, par l’italien b molle, qui signifie littéralement « si mou » ; le si ayant été la première note bémolisée. En allemand, B-moll signifie encore « si-bémol mineur ». Sa graphie initiale était celle du bémol : un b minuscule, mais dont on prenait soin d’anguler la boucle.

– Le bécarreb carré, d’où bécarre, s’opposant à b, b arrondi, « mol », d’où bémol). Puis la différence de graphie apparut insuffisante et, pour éviter les confusions, on ajouta un petit trait descendant prolongeant la partie droite du « carré » : telle est encore sa forme actuelle.
Mais, jusqu’au XVIè siècle, il ne fut pas fait de véritable différence entre le bécarre et le dièse.
En savoir plus sur : http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/b%C3%A9carre/166159#BPwB

L’altération est le signe graphique qui indique une modification de la hauteur initiale d’une note musicale, vers l’aigu ou vers le grave d’un demi-ton (on l’appelle alors note altérée). Nous en avons trois principales : le dièse #, le bémol et le bécarre ♮ (placé devant, le bécarre rend la note à nouveau « naturelle » dans le reste de la mesure, en annulant toutes les altérations précédentes). Il existe également le double-dièse et le double-bémol qui vont altérer la note doublement, soit d’un ton entier. Ces signes se placent TOUS à gauche des notes qu’ils désignent et, très important à savoir, le milieu du dessin est positionné précisément à l’endroit qui correspond à la note-même sur la portée. Observez le centre des signes sur le dessin ci-dessous, nous avons bien un Do# :

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  • Dans un morceau, il y a deux emplacement possibles pour les altérations : 1) les constitutives: à côté des clés (à la clé, à l’armure, à l’armature) en début de portée (c’est une indication de la tonalité du morceau) et 2) les accidentelles : devant une note à l’intérieur d’une mesure (celles-ci ne sont valables que dans la mesure où elles se trouvent). Une précision importante : les altérations à la clé sont valables pour les notes à toutes les octaves ! Exemple : si on a un Fa# sur la 5è ligne de la portée en clé de Sol, tous les Fa du morceau seront dièse, peu importe l’octave ! En revanche, l’altération accidentelle n’est valable qu’à l’octave représentée par la note à côté d’elle.
  • Vous trouvez ci-dessous la Roue de cycle de quintes (des tonalités ou gammes). C’est une succession de quintes justes qui a son origine au XVIIè (c’est Nikolay Diletsky, compositeur et théoricien ukrainien, qui a introduit la notion du cycle des quintes dans son traité musical Idea grammatikii musikiyskoy en 1679, suivi de Johann David Heinichen, compositeur et théoricien allemand qui a donné le nom actuel « cycle des quintes » en 1728 dans son traité Der Generalbass in der Composition). C’est une série des douze degrés de la gamme (ou échelle) chromatique et représente les douze tonalités de la musique tonale (apparue donc, à la fin du Moyen-Âge) sur laquelle est fondée toute la musique occidentale de J.S. Bach à nos jours (musique jazz, pop, rock y compris). Basée sur la physique du son, elle matérialise les harmoniques naturelles (la fréquence de l’onde de celui-ci). Avec cette roue vous pouvez vous orienter pour connaître le nombre de dièses ou de bémols de chaque gamme. Je dédierai un autre article aux les tonalités.

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Voici l’ordre des dièses : fa# – do# – sol# – ré# – la# – mi# – si#

Et l’ordre des bémols : sib – mib – lab – réb – solb – dob – fab

Avez-vous remarqué qu’ils sont l’inverse l’un de l’autre ?

Ouf ! Jamais je ne pourrai lire tous ces dièses et tous ces bémols ! Bien sûr que si et voyons comment : s’il vous arrive de jouer un morceau qui a quatre, cinq ou six altérations, il me semble qu’il est plus facile de se rappeler le peu de notes qui n’en ont pas. Exemple : si vous jouez une pièce en Si Majeur (tonalité avec cinq dièses : Fa#, Do#, Sol#, Ré#, La#) vous devez vous souvenir seulement que le Si et le Mi sont naturels. Certes, il faut garder à l’esprit en quelle tonalité se trouve notre morceau. Quant aux tonalités avec 7 dièses ou 7 bémols, toutes les notes étant altérées, ça devient plus facile…

N’ayez pas peur de lire votre morceau directement avec les altérations, c’est une habitude à prendre et tout le monde peut le faire. Si vous avez trois bémols à l’armure, par exemple, vous pouvez les mémoriser ou les écrire au crayon en haut de votre page et, en jouant lentement, avant chaque note vous vérifierez qu’elle ne fasse pas partie de la liste des bémols. Avec de la patience, cette pratique s’automatise et vous serez bientôt capables de lire ces bémols plus vite. Ceux qui ont pour pratique de jouer d’abord le morceau sans les altérations et de les rajouter en un second temps font un double travail inutile, à mon avis. Ne vous torturez pas les oreilles avec des sons abstraits sortis du contexte de la tonalité. À tous les âges on peut penser aux notes et aux dièses (ou aux bémols) en même temps, faites-vous confiance. Personnellement, je n’ai jamais rencontré des élèves qui ne puissent pas le faire (parmi plusieurs centaines !).

Quelques curiosités :

  • un semi-bémol, qui abaisse d’un quart de ton. Il peut être représenté par le symbole bémol barré ou avec un bémol inversé.
  • un sesqui-bémol, qui abaisse de trois quarts de ton, représenté par le symbole bémol + semi-bémol.
  • un semi-dièse, qui monte d’un quart de ton. Il peut être représenté par le symbole dièse avec une seule barre verticale.
  • un sesqui-dièse, qui monte de trois quarts de ton. Il peut être représenté par le symbole dièse avec trois barres verticales.

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Voici un exemple morceau avec des quarts de ton (équivalent à la moitié d’un demi-ton, utilisé déjà dans la Grèce antique): 3 Quarter-Tons Pieces (1924) de Charles Ives sur des pianos préparés (normalement, le plus petit l’intervalle au piano est le demi-ton).

Dans les exemples vidéo je peux vous informer qu’il y a eu même un film Musical appelé « Si bémol et fa dièse » (titre original : « A song is born ») réalisé en 1948 par Howard Hawks.  Avec les acteurs Danny Kaye , Virginia Mayo , Benny Goodman …  Un professeur de musicologie part à la découverte du jazz. Remake musical de «Boule de feu».

Et pour finir un peu d’humour :

Quelle est la note qui est toujours malade?

Le fa bémol parce qu’elle vaut mi.

(note de http://www.symphozik.info: si on vous pose cette colle, n’hésitez pas à répondre ré double dièse)

-Trois amis, Do, Sol et Mi bémol, entrent dans un bar. Ils commandent une bière, mais le barman dit “désolé, on ne sert pas les mineurs“. Alors mi bémol s’en va.

(La différence entre la tonalité de Do majeur et Do mineur est précisément que la tierce est majeure dans le premier cas, donc la note est Mi et mineure dans le deuxième, soit Mi bémol).

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