D’où part le geste quand je joue?

Aujourd’hui je vous invite à regarder cette vidéo des Max Brothers que j’aime beaucoup. À part leur sens de l’humour et leur dextérité, il serait intéressant d’observer d’où part le geste d’un pianiste quand il joue.

Observons avec attention :

On a l’impression que seuls les doigts jouent et ce n’est pourtant qu’une illusion! Si l’on regarde bien, le bras tout entier est en mouvement. Dans l’exemple de cette vidéo, il est visible que l’avant-bras est très sollicité. Mais en fait, le mouvement implique aussi les omoplates; le pianiste sens tout son bras pendant qu’il joue. C’est ce dernier qui se déplace dans les mouvements latéraux comme sur un rail imaginaire et les doigts articulent, courbés en direction du clavier (tel une rivière qui se déverse en cascade). Le soutien du dos et des omoplates est très important : le bras et les mains sont allégés, ce qui favorise un déplacement aisé.

En fonction du répertoire et du type de son qu’il souhaite obtenir, le musicien va utiliser des mouvements plus ou moins amples avec ses bras (toujours en souplesse). Si l’on joue de la musique du XVIIIe, il n’est pas nécessaire de faire des grands mouvements; ceux-ci apportent beaucoup de volume sonore. En revanche, si on joue du Brahms dans un passage « fortissimo », non seulement tout le bras va être utilisé avec élan, mais aussi les omoplates et les muscles dorsaux pour un maximum d’intensité. Essayez! Vous constaterez   le volume sonore que vous pouvez avoir!

Si vous observez les gestes des différents pianistes, vous noterez que certains font de très petits mouvements, d’autres proportionnent sans cesse leur mouvements et d’autres encore brassent inconsidérément l’air comme des oiseaux en vol. Il est tout à fait normal de prendre de l’élan et de suivre corporellement le sentiment musical quand on joue, mais attention à la perte d’énergie dans des déplacements qui vont d’un point A à un point B aussi simplement et harmonieusement que possible.

Le coude va suivre naturellement le mouvement du bras dans son prolongement et ne va pas tirer sur le côté. L’influx nerveux qui part de notre cerveau pour rejoindre la dernière phalange de nos doigts ne doit pas se perdre en chemin : c’est un système de transmission. Or si on fléchit le coude ou le poignet de manière exagérée, l’influx ne se transmet pas jusqu’au bout du doigt; on ne peut plus gérer de façon optimale ce qu’on s’était proposé de faire. C’est à l’image d’une personne qui promène son chien : 1) le maître peut tirer sur la laisse, 2) le chien peut tirer sur la laisse mais 3) jamais on n’a vu une laisse tirer elle-même! La laisse représente le coude : votre esprit décide où votre main veut aller et le coude suit le mouvement général.

Surtout, amusez-vous bien!

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