Mon meilleur ami : le Métronome !

cc608da1686b6b7c792eebf635fea0f5N’ayez pas peur ! C’est d’un compagnon, d’un guide que je vais vous parler. Cet appareil capable d’émettre un son ou une lumière à intervalles réguliers permet d’indiquer ( dès qu’on a réglé le variateur) la vitesse exacte d’exécution de la musique.

Dietrich Nikolauss Winkel (1780-1826) découvre en 1812 qu’un pendule peut émettre des battements régulier s’il est chargé de chaque côté du pivot. N’ayant pas protégé son idée, elle fut brevetée en 1816 par Johann Maelzel, qui construisit le métronome (du mot grec metron mesure + nomos règle), toujours utilisé de nos jours.

Voici le premier métronome :

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En musique, sons et rythmes se complètent pour nous donner les sensations des morceaux joués. L’unique hauteur des sons ne suffit pas. Essayez de vous chanter n’importe quelle chanson que vous connaissez bien en changeant le rythme. Vous constaterez facilement qu’elle ne nous fait pas du tout la même impression. Les valeurs rythmiques des sons sont précises et s’organisent dans un mouvement général appelé Tempo.

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Dans un souci de transmettre avec précision ses intentions, le compositeur indique généralement au début du morceau le mouvement mais aussi le caractère d’exécution de la pièce, soit ce qu’on appelle le Tempo. Par exemple : Largo (largement), Adagio (à l’aise), Andante (allant), Allegro (joyeux), etc. Ces indications de mouvement sont la plupart du temps en italien (une tradition en musique) ou dans la langue d’origine du compositeur (Beethoven, Schumann, Schönberg recourent assez souvent à des formulations allemandes). La compréhension du sens de ces indications varie selon les époques et la façon dont chaque compositeur l’entend (Allegro ne voulant pas forcément dire joyeux). Mais depuis le XIXe il y a également des chiffres indiqués au-dessus des premières mesures d’un morceau, voire des changements apportés à différents endroits de celui-ci. Il s’agit des indications métronomiques qui vont nous permettre de savoir avec précision à quelle vitesse il faut jouer la pièce ou le passage en question. En musique classique, respecter ces indications dans l’exécution d’une œuvre est essentiel pour tous ceux qui désirent approcher au plus près le message qui s’y trouve sans le dénaturer. A l’opposé, dans les musiques de type jazz, rock, etc., le fait de prendre des libertés avec les rythmes est synonyme de richesse inventive, ce qui est même encouragé.

IMPORTANT : Prenez toujours en considération l’acoustique dans laquelle vous jouez ! Si elle est trop sèche, l’indication métronomique paraîtra plus lente que dans une acoustique très réverbérée qui noie vos notes.

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Autrefois mécanique, aujourd’hui électronique, le métronome est à utiliser si on souhaite contrôler la constance de la vitesse d’un passage ou d’un morceau entier, les jouer à différente vitesse, quantifier de semaine en semaine la progression de nos capacités à jouer plus vite. Constater également quels sont les passages difficiles sur lesquels on ralentit et ceux faciles, sur lesquels on accélère. La perception de l’espace entre les pulsations est un facteur important, susceptible d’être entraîné avec le métronome.

Notre perception de l’égalité rythmique est très variable. Elle dépend de notre rythme cardiaque et de la pression sanguine qui fluctue continuellement. Notre perception interne peut nous donner l’impression qu’on joue égal, alors il n’en est rien d’un point de vue objectivable. Avec de l’expérience, on apprend à gérer nos actions de manière mesurée.

Il est également très important de savoir jouer en rythme si on joue avec d’autres musiciens. Le message rythmique doit être clair pour que vos partenaires se sentent dans la même pulsation que vous.

Le métronome peut servir même à ceux qui désirent faire de la gymnastique en rythme sur un tapis au sol (pensez-y… !).

En faisant coulisser le poids placé sur la tige du balancier on peut régler sa vitesse (avez-vous remarqué que si vous le mettez sur 60 battements par minute, les « TAC » correspondent à une seconde par minute et 120 à deux « TAC » par seconde ? ).

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Comment l’utiliser ?

L’utilisation de cet appareil n’est pas obligatoire. Quand on commence un nouveau morceau, on va tout d’abord découvrir les notes et leurs valeurs rythmiques (le métronome ne peut pas vous les expliquer, c’est à vous de les lire et les comprendre correctement). Mais il est important d’apprendre à le jouer avec un Tempo régulier aussi tôt que possible pour ne pas prendre de mauvaises habitudes rythmiques qu’il faudra corriger par la suite (donc, d’effectuer un double travail).

On utilisera le métronome à une vitesse très lente tout d’abord (les notes n’étant pas encore bien apprises).

Comme première étape, je vous propose de l’ECOUTER SANS JOUER ! Sentez simplement la vitesse à laquelle il pulse. C’est très important de comprendre que nous jouons de la façon dont notre cerveau perçoit ! Or si l’indication de notre pensée vers nos doigts n’est pas claire, les doigts sont incapables de contrôler à eux seuls ce qu’ils font !

Comme deuxième étape, on peut taper des mains pendant une minute le rythme indiqué par le métronome pour commencer à le sentir musculairement.

Seulement ensuite on peut jouer. Tout d’abord une mesure ou deux pour s’habituer. Le musicien écoutera le métronome en même temps qu’il joue (vous pouvez le placer derrière la partition si la tentation de le regarder est trop forte). Vous aurez tout d’abord l’impression (tout à fait normale !) que vous ne pouvez pas faire attention aux notes et au métronome en même temps. Persévérez ! Dans peu de temps vos efforts seront récompensés. Imaginez que vous l’avez en vous et qu’il pulse au niveau de votre plexus solaire ( qui se trouve à la hauteur de l’estomac).

Il faut un peu de temps pour que le cerveau s’adapte. Une fois habitués à l’utiliser, il vous donnera un tel sentiment de sécurité qu’il vous manquera quand vous l’éteindrez !

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Si vous demandez à l’appareil de battre les temps de la mesure, il vous faudra contrôler mentalement les subdivisions en moitiés ou quarts de temps, en fonction des valeurs rythmiques du morceau.

Mais je vous donne ici un conseil : les toutes premières fois que vous jouez le morceau avec métronome, si vous pensez ne pas pouvoir faire la subdivision aisément, mettez-le sur la valeur la plus petite. Exemple : si les double-croches sont les valeurs les plus petites dans votre morceau, votre « TAC » indiquera les double-croches. Il est plus facile ensuite d’en conter quatre dans une noire, plutôt que devoir sous-diviser celle-ci.

Mais ne l’utilisez pas le métronome de manière systématique et revenez dès que possible à l’unité de pulsation prévue par le compositeur. Vous devez pouvoir jouer en ressentant le Tempo à l’intérieur de vous (comme si le métronome était toujours allumé) en prenant en considération que la musique est organique, avec des mouvements de flux et reflux à l’intérieur des phrases musicales, ce qui peut impliquer une élasticité de la pulsation. Une fois la stabilité de la structure rythmique entraînée, vous pourrez vous laisser porter par la variation constante et subtile de celle-ci.

Vous pouvez utiliser le métronome dans des phases plus avancées de travail également (une fois que le morceau est solidifié, si vous en reprenez un délaissé depuis longtemps, etc.) pour vérifier si votre jeu ne s’est pas déstructuré et renforcer la structure rythmique.

Depuis 1991, s’élève au Parc de Letná à Prague une grande sculpture cinétique représentant un métronome géant réalisé par l’artiste Vratislav Karl Novák :

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En 1962, György Ligeti a composé : Poème symphonique pour 100 métronomes.

Voici plusieurs sites de métronomes en ligne :

http://bestmetronome.com

http://www.metronomeonline.com

http://www.metronome-en-ligne.com

https://itunes.apple.com/us/app/metronome/id287965434?mt=8

Avec le métronome c’est comme pour tout le reste : jusqu’à ce qu’on s’y habitue, ça paraît très difficile. Mais une fois habitués, on a l’impression qu’on l’a utilisé depuis toujours.

Un dernier conseil : ayez pour ambition de ne jamais subir passivement le mécanisme comme si celui-ci était tyrannique (par exemple en accentuant les temps lourdement) et cherchez à ressentir l’élan musical le plus naturel, comme si par enchantement c’était en fait le métronome qui vous suivait parfaitement.

Amusez-vous surtout !

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Une réponse à Mon meilleur ami : le Métronome !

  1. LMC dit :

    Très sympa à lire votre article il m’a beaucoup intéressé !

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